Ô Ville.
Ô ville, si belle dans ta superbe agonie, tes rues se fendent sous les éclats des lunes qui s’enroulent. En ton sein, les fléaux faisaient rage et la vie elle-même s’était égarée dans les entrailles de Knossos.
Ô passants, fantômes translucides, vous dont le souffle imite une symphonie muette où le tonnerre hurle, vous dont les corps se meuvent en chœur au nom d’Héphaïstos, devant la montagne qui se meurt.
Ô nature, toi dont les bourgeons fanent avant d’éclore. Le vent porte avec lui les rires d’enfants éteints, étoiles tombées aux cœurs noirs. Les arbres, comme des tours de cendres, murmurent des secrets que nul ne peut saisir. Et le monde sombre alors, noyé dans les senteurs de glycine.
Et je vous regarde, seule, perdue dans cet océan d’horloges battant le vide.
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